Recommandations salariales pour les danseurs-euses interprètes travaillant en Suisse romande

Recommandations salariales pour les danseurs-euses interprètes travaillant en Suisse romande

De nouvelles références en matière de minima salariaux bruts

Recommandations soutenues par les organisations SSRS, AVDC et Danse Suisse. 

Afin que l’ensemble des acteurs-trices culturel-le-s et artistiques qui participent directement ou indirectement à l’emploi et à la professionnalisation des danseurs-euses, puissent agir selon une référence commune, garantissant une coresponsabilité politique, économique, artistique et sociale en matière de conditions d’emploi du/de la  danseur-euse interprète travaillant en Suisse romande, les RP Danses Genève recommandent de nouvelles références en matière de minima salariaux bruts (hors vacances) pour une durée de travail hebdomadaire à plein temps (40 heures) :


à partir de 4'500.- 

- Titulaire d’un CFC ou formation(s) et/ou titre(s) et/ou compétences jugés équivalents 


à partir de 5'000.- 

- Titulaire d'un Bachelor ou formation(s) et/ou titre(s) et/ou compétences jugés équivalents

 - Titulaire d’un CFC + 3 ans d'expérience ou formation(s) et/ou titre(s) et/ou compétences jugés équivalents 



à partir de 5'500.- 

- Titulaire d'un Bachelor + 2 ans d'expérience ou formation(s) et/ou titre(s) et/ou compétences jugés équivalents

- Titulaire d’un CFC + 5 ans d'expérience ou formation(s) et/ou titre(s) et/ou compétences jugés équivalents 



à partir de 6'000.- 

- Titulaire d'un Bachelor + 5 ans d'expérience ou formation(s) et/ou titre(s) et/ou compétences jugés équivalents

- Titulaire d’un CFC + 8 ans d'expérience ou formation(s) et/ou titre(s) et/ou compétences jugés équivalents 


Contextes 

Ces recommandations émanent du groupe de travail Relation Contractuelle Employés - Employeurs initié par les Rencontres Professionnelles de Danses - Genève (RP) et tiennent compte des contextes suivants :


1- Formation professionnelle en danse 

- La danse est un métier à part entière depuis 2009 avec l’entrée en vigueur de l’ordonnance sur la formation professionnelle initiale et la création d’un Certificat Fédéral de Capacité et Maturité Professionnelle Artistique de danseur-euse interprète (CFC/MPA ).

- En 2013 le DEFRE (Département Fédéral de l’Economie, de la formation et de la recherche) a donné son autorisation pour l’ouverture de deux filières Bachelor en danse contemporaine HES


2- Salaire minimum 

- En 2004 Danse Suisse propose un salaire minimum de 4'000.- pour les danseurs-euses interprètes 

- En 2013 la Convention Collective des arts de la scène (UTR&SSRS) fixe un salaire minimum conventionnel à 4'500.-


3- Spécificités de la profession 

- Carrière de courte durée (âge moyen de reconversion 35 ans) 

- Intermittence contractuelle (précarité de l’emploi) 

- Nécessité d’un entraînement régulier et/ou d’une formation à charge du danseur-euse interprète 


Historique 2012-2016


En JANVIER 2012, le groupe de travail RCEE Relation Contractuelle Employé-e / Employeur-e a convié les danseurs-euses genevois-es à la présentation de “l’article salaire” d'une proposition de contrat modèle. Ce même article a ensuite été soumis aux directeurs‐trices artistiques des compagnies conventionnées. Suite aux diverses controverses à l’issue de cette présentation, il a été décidé de retravailler cet article en tenant compte des remarques formulées par la profession.


En AVRIL 2014, les RP ont décidé de proposer non plus un premier article d'un futur contrat modèle, mais bien plutôt une Echelle salariale à annexer à tout contrat chorégraphique genevois, établi dans le respect des recommandations contractuelles de l'AVDC et du SSRS (Cf. contrat modèle). Cette revendication en appelait au soutien moral des professionnels de la danse à Genève, qui s'engageaient à joindre ladite échelle à toute leur demande de fonds publics ou privés pour document référentiel dans le montage de leurs budgets prévisionnels en matière salariale et, pour les compagnies conventionnées signataires, à veiller à son application.


Le 7 NOVEMBRE 2014, au Théâtre Sévelin à Lausanne, les membres du groupe de travail dit RCEE ont rendu publique leur proposition d'échelle salariale pour le‐la danseur‐euse interprète à Genève, dans le cadre du dernier Forum Danse, coorganisé par Reso, Danse Suisse et Pro Helvetia. Cette proposition, soutenue par Danse Suisse et le SSRS, a reçu un accueil très positif et encourageant de la part des professionnels de la danse, réunis autour de communications diverses (AVDC, Danse suisse, RDP, IADMS et RP Danses) sur les conditions de travail du danseur-euse interprète et/ou chorégraphe. Un grand nombre de compagnies chorégraphiques genevoises et romandes, conventionnées et non conventionnées, sont rapidement devenues signataires par liste de soutien. Les RP Danses ont alors pris soin de signifier publiquement leur volonté de voir cette échelle s’inscrire au cœur d’un débat élargi au milieu chorégraphique romand. Et, dans l’espoir d’une proposition d’échelle salariale qui ne serait plus seulement genevoise mais romande, les RP ont alors invité le SSRS, la RDP, l’AVDC et Danse Suisse à se joindre à leur groupe de travail RCEE.


Dès JANVIER 2015, cette énergie collaborative a permis de bénéficier d'un regard critique enrichi et les RP se réjouissent de pareille expérience pro-active visant à co-responsabiliser l'ensemble des acteurs-trices culturel‐le‐s et artistiques romands, qui participent de manière directe (employeur) ou indirecte (pouvoirs publics, fondations, producteurs, organisateurs etc.) à l'emploi et à la professionnalisation des interprètes chorégraphiques en Suisse romande.


Le 25 AVRIL 2016, ces recommandations salariales pour les danseurs-euses interprètes travaillant en Suisse Romande sont le résultat de ces nombreux débats démocratiquement partagés de 2012 à 2016, avec les danseurs-euses, les chorégraphes, les administrateurs-trices et responsables de production / diffusion au sein des compagnies chorégraphiques, les élu-e-s et services municipaux et cantonaux genevois en charge des affaires culturelles et, plus spécifiquement de la danse, les acteurs-trices culturel-le-s en charge de programmation et de coproduction au sein d'institutions culturelles et/ou chorégraphiques, les associations chorégraphiques susmentionnées, le syndicat suisse romand du spectacle etc.


Qu'ils et elles en soient ici toutes et tous chaleureusement remerciés, quand de leur intelligence, rigueur et engagement émane la possibilité d'agir en fonction de nouvelles références communes en matière de minima salariaux pour la danse.